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Image: Rosita Henry, Chandana Mathur and Homa Hoodfar

by/par Nathalie Boucher, Organisme R.Es.P.I.R.E., and Martha Radice, Dalhousie University

(la version française suit)

10 life lessons from Homa Hoodfar

Nathalie Boucher and Martha Radice report back from a roundtable featuring Homa Hoodfar at the CASCA-IUAES conference 2017. Dr. Hoodfar (from Concordia University) was arrested while conducting fieldwork in Iran and was imprisoned for 112 days in the notorious Evin prison. CASCA was one of many anthropological and human rights associations that campaigned for her release. The roundtable Anthropological fieldwork and risk in a violent world: a conversation with Homa Hoodfar was organized by Rosita Henry (James Cook University), Chandana Mathur (National University of Ireland, Maynooth, and Chair of the World Council of Anthropological Associations), and Faye Harrison (University of Illinois, Urbana-Champaign, and President, IUAES).

  1. Risk is woven into the fieldwork endeavour. It is unrealistic to think of yourself as a citizen of the world, protected by universal human rights: there are many particular, tricky situations in which you can suddenly find yourself.
  2. Best not to say you’re doing research when you’re in the field. Both state and non-state actors might be threatened by this concept, and academic freedom is not recognized in all contexts.
  3. It’s more respectful to say “I’m learning from this community” than “I’m studying a community.” Even if “studying” a group is not seen as a threat (see lesson #2), it can sound quite patronizing and colonizing.
  4. When in doubt, write. In prison, I wrote on walls with the end of my toothbrush as a pretend pen. I started two new research projects. On one wall I wrote about academic freedom; on the other, I wrote about the anthropology of interrogation. In this way I memorized my reflection on the subjects.
  5. Even under duress, try not to dehumanize those who cause it. I engaged my prison interrogators in discussion as equals. This is hard to do, but as anthropologists we are well-trained to find the resources within ourselves to humanize our adversaries.
  6. Critical thinking needs more than logic and reflection; it also needs the imagination.
  7. Read broadly and deeply. Know your field site’s history and politics. Don’t focus too tightly on your research topic. My knowledge of Iran and the region gave me more power than my interrogators were used to handling.
  8. Stay connected. If you are sending students to do fieldwork, put them in touch with colleagues and students in the area. Make sure they have an emergency number to call. If you are going yourself, reach out, ask for contacts. Find the local anthropology association! Develop an S.O.S. service in your university. This is not just a matter of safety: it is also a way to undermine intellectual imperialism, as it gives you opportunities to compare your outsider’s interpretations with insiders’ understandings.
  9. Teach about academic freedom. We discuss epistemologies and ontologies in seminars, and we tackle research ethics in methods classes, but we rarely talk about what academic freedom means. We should think of it as a transnational human right.
  10. Indigenize the concept of academic freedom. By this, I mean find the histories of academic freedom running through each intellectual context. It is not a principle invented by the West: all cultures of learning have freethinking traditions, and have felt the challenges from those who want to curtail what kind of knowledge should be generated and circulated. We must locate the worldwide history of academic freedom and find out how that history connects us. We should learn those histories, write about them, and teach them.

Since her return from Iran, Dr. Hoodfar has been interviewed by many news organizations, including The GuardianRadio-Canada, and CBC Radio’s The Current.

 

10 leçons de vie de Homa Hoodfar

Nathalie Boucher et Martha Radice partagent ici leur compte-rendu de la table ronde Anthropological fieldwork and risk in a violent world : a conversation with Homa Hoodfar, tenue le 6 mai dernier, lors du colloque CASCA-IUAES 2017 à Ottawa. Homa Hoodfar, professeure à l’Université Concordia, a été arrêtée sur le terrain en Iran et emprisonnée pour 112 jours à la tristement célèbre prison d’Evin. CASCA est l’une des nombreuses associations qui a milité pour sa libération. La table ronde était organisée par Rosita Henry (James Cook University), Chandana Mathur (National University of Ireland, Maynooth, et présidente de la WCAA) et Faye Harrison (University of Illinois, Urbana-Champaign, et présidente de l’IUAES).

  1. Le risque fait partie du terrain. Il est irréaliste de se penser citoyens du monde, protégés par des droits humains universels. On peut se retrouver dans toutes sortes de situations délicates et problématiques.
  2. Il est préférable de ne jamais dire que vous faites « des recherches »lorsque vous êtes sur le terrain. Les acteurs étatiques et non étatiques pourraient être menacés par ce concept et la liberté intellectuelle n’est pas reconnue par tout le monde.
  3. Il est plus respectueux de dire « j’apprends de cette communauté» que de dire : « j’étudie cette communauté ». Même si « étudier » une communauté ne constitue pas une menace en soi (voir leçon # 2), ça peut paraître paternaliste et empreint de colonialisme.
  4. En cas de doute, écrivez. En prison, j’écrivais sur les murs avec le bout de ma brosse à dents que je trempais dans l’eau, comme si c’était un crayon. J’ai commencé deux nouveaux projets de recherche. Sur un mur, j’ai écrit sur la liberté intellectuelle ; sur l’autre, j’ai écrit sur l’anthropologie de l’interrogatoire. De cette façon, j’ancrais dans ma mémoire mes réflexions sur ces sujets.
  5. Même sous la contrainte, essayez de ne pas déshumaniser les gens qui en sont responsables. En prison, j’ai engagé mes interrogateurs dans des conversations en tant qu’égaux. C’est difficile à faire, mais en tant qu’anthropologues, nous sommes bien formés pour trouver en nous-mêmes les ressources pour humaniser nos adversaires.
  6. La pensée critiquerepose sur la logique et la réflexion, mais également sur l’imagination.
  7. Lisez beaucoup. Connaissez l’histoire et la politique de votre terrain. Ne vous concentrez pas seulement sur votre sujet de recherche. Ma connaissance de l’Iran et de la région m’a donné un pouvoir auquel mes interrogateurs étaient rarement confrontés.
  8. Soyez connectés. Si vous envoyez des étudiants pour faire du travail sur le terrain, mettez-les en contact avec des collègues et des étudiants de la région. Assurez-vous qu’ils ont un numéro d’urgence à appeler. Si vous allez sur le terrain vous-mêmes, créez un réseau, demandez des contacts. Trouvez l’association locale d’anthropologie ! Développer un service S.O.S. dans votre université. Ce n’est pas seulement une question de sécurité ; c’est aussi un moyen de saper l’impérialisme intellectuel en comparant vos interprétations avec les compréhensions des initiés.
  9. Enseignez la liberté intellectuelle. Nous discutons des épistémologies et des ontologies dans des séminaires, et nous abordons l’éthique de la recherche dans les cours de méthodologie, mais nous parlons rarement de ce que signifie la liberté intellectuelle. Nous devrions pourtant considérer ce concept comme un droit humain transnational.
  10. Contextualisez le concept de liberté intellectuelle. Fouillez l’histoire de la liberté intellectuelle dans chaque contexte intellectuel. Ce n’est pas un principe inventé par l’Occident : toutes les cultures d’apprentissage ont des traditions indépendantes et ont été mises au défi par ceux qui souhaitent contrôler le développement et la diffusion des connaissances. Nous devons situer l’histoire mondiale de la liberté intellectuelle et découvrir comment cette histoire nous connecte. Nous devrions apprendre ces histoires, les écrire et les enseigner.

 

Depuis son retour d’Iran, Homa Hoodfar a été interviewée par les grands médias, incluant The Guardian, Radio-Canada et l’émission The Current à CBC Radio.

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